Petites chroniques du Tour (15) – « Le monde des sports a vu l’un de ses prééminents athlètes »

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lance15QUE DIT-ON de Lance, en ce bon pays de France ? On dit que « le monde des sports a vu l’un de ses prééminents athlètes au meilleur de sa forme ». C’est le 2003 Media Guide de l’United States Postal Services qui le dit. On ne l’avait pas lu. Pas en détail, en tout cas. C’est une belle plaquette, en papier épais et glacé, du beau papier qui brille sous la lumière et qui ne se déchire pas comme ça. Les pages sont bleu et gris, les couleurs de Lance, de son maillot quand il n’est pas jaune, de son équipe, de son bus.

En couverture, il y a Lance, avec un casque, qui fait du vélo. En page une, sur fond gris, il y a d’abord la « letter from the postmaster general », sans doute une lettre du chef du grand bureau de poste américain. Il s’appelle John E. Potter et il est très souriant sur la photo. Double page suivante, tous les visages du « management » d’un côté et du « staff » de l’autre. Vingt-sept portraits au total – très souriants eux aussi : de Thom Weisel, le président, à Willy Balmat, le « team chef », en passant par Luc Verloo, le conducteur du bus de Lance.

Hiérarchie et ordre alphabétique ne font pas toujours bon ménage. Sauf, apparemment, sur les pages suivantes, qui commencent à A comme Armstrong et se terminent une trentaine de feuilles plus loin à Z comme Zabriskie. Zabriskie, Dave de son prénom, Américain de 23 ans résidant à Salt Lake City, dans l’Utah, et qui n’a pas été autorisé à suivre Lance pour son habituelle transhumance d’été en France. Cela doit se mériter, on suppose, à la Postal comme dans beaucoup d’entreprises le séminaire d’été. Sur la grande photo de groupe, agrafée au milieu du livret, on peut vérifier qu’ils sont vingt à porter le beau maillot bleu et gris de l’US Postal. Sur les routes de France, c’est neuf coureurs par équipe et pas un de plus ! Désolé, Dave.

Enfin bref. Ce Media Guide, il aurait peut-être fallu s’y plonger plus tôt. Ne pas attendre un jour de repos, un jour de répit, dans le hall d’un hôtel où l’on ne verra pas Lance, comme de logique. Que n’avons-nous su plus tôt que « le monde des sports a vu l’un de ses prééminents athlètes au meilleur de sa forme, un athlète qui semble encore renforcer sa position au sommet de son sport et pourrait garder sa position aussi longtemps qu’il fera ce choix ». Bigre ! Voilà ce que l’on dit, ce que l’on dit de Lance, en ce bon pays de France. (Paru dans Le Monde du 24 juillet 2003)

Olivier Zilbertin


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