Petites chroniques du Tour (14) – « C’est dur de le regarder aujourd’hui »

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lance14QUE DIT-ON de Lance, en ce bon pays de France ? On dit que « c’est dur de le regarder aujourd’hui ». C’est Frankie Andreu qui le dit. Il est un peu fébrile, Frankie Andreu, en ce jour d’arrivée à Luz-Ardiden. Le Tour de France, il connaît pourtant bien, vu qu’il en a disputé neuf, Frankie.

Sur sa carte de visite, il pourrait également inscrire qu’il fut, entre autres, deux fois sélectionné olympique, en 1988 et 1996, par exemple. Ou qu’il fut durant douze ans un professionnel irréprochable et respecté.

Mais le titre de gloire qu’il préfère, c’est d’avoir été l’équipier de Lance Armstrong, lors de ces deux premiers succès sur la Grande Boucle, en 1999 et 2000. Et mieux encore que d’avoir été son partenaire dévoué, d’être aujourd’hui resté son ami, à lui, Lance, qui avoue en compter si peu. Sur le Tour 2003, Frankie Andreu est consultant pour la chaîne américaine OLN (Outdoor Life Network)

En ce lundi 21 juillet, il ne tient pas en place, Frankie Andreu. Il sait, comme tous, que l’épreuve est décisive pour Lance s’il veut rejoindre les quintuples vainqueurs dans le grand livre du Tour. Il s’est placé devant les petits téléviseurs installés sur la ligne d’arrivée. Il fait mine de garder son sang-froid. Mais intérieurement il bout, l’ancien coureur de l’US Postal.

Et soudain, il lance un juron. Son ami est à terre ! Il bouscule les gens amassés devant les petits téléviseurs de la ligne d’arrivée, comme s’il pouvait relever son ancien capitaine de route à travers l’écran. Un vieux réflexe d’équipier, sûrement.

A peine le temps de souffler. Lance Armstrong se relève, repart, et trébuche de nouveau – sans tomber cette fois – en raison d’un déchaussage. On croit alors Lance poursuivi par le sort. La course et le Tour perdus. Erreur.

Lance se relance, revient à hauteur de son adversaire, et finalement s’enfuit. Comme il n’est pas trop démonstratif, Frankie Andreu ne laisse rien paraître.

On devine simplement, à son oeil qui brille, qu’il est ému. Puis qu’il a l’air un peu gêné, quand Lance Armstrong double Sylvain Chavanel, échappé des premières heures. Mais c’est la vie, et la dure loi de la course.

« C’est mon ami, et je suis heureux », souffle simplement Frankie Andreu. « Mais vraiment, c’était dur de le regarder aujourd’hui. » Voilà ce que l’on dit, ce que l’on dit de Lance, en ce bon pays de France. (Paru dans Le Monde du 23 juillet 2003)

Olivier Zilbertin


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