Petites chroniques du Tour (12) – « Lance, je l’ai eu au Tour de la Sarthe »

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lance-12QUE DIT-ON de Lance, en ce bon pays de France ? On dit que, « heureusement, je l’ai eu au Tour de la Sarthe ». C’est un spectateur qui le dit, en ce vendredi un peu particulier de Tour du centenaire. C’est le matin, et cette journée de juillet enveloppe dans un châle de touffeur Toulouse, ses environs et les prémices de la douzième étape du Tour. On ne rêve que de suspendre son pas, de s’arrêter dans un bar à vin sous la protection des grands arbres, mais l’on poursuit malgré tout sa marche vers l’autocar bleu et argent de Lance.

Il faut le savoir : on ne voit jamais autant les employés de la poste américaine et des sols de Belgique – curieux métier que celui du cosponsor de l’US Postal, la société Berry Floor – que les jours de course contre la montre. L’autocar s’installe à quelques coups de pédale de la ligne de départ et, tant que tous les hommes de la Postal ne se sont pas extraits du portillon de départ pour s’en aller exercer leur noble art, il reste là, l’autocar, flancs largement ouverts aux regards curieux des spectateurs.

On ne sait pas encore que, sous peu, Lance Armstrong va se voir infliger une belle correction de la part d’un rescapé. Mais c’est lui que l’on guette, forcément, comme chaque jour ou presque, au pied du beau car bleu et argent.

Le soleil se fait encore un peu plus pressant. Pour que les hommes de la Postal ne souffrent pas trop, on a sorti un immense ventilateur, comme on les imagine sur les plateaux de cinéma. Un léger trait d’eau vient se jeter sur les grandes pales qui sectionnent les rais du soleil. Jeu d’ombre et de lumière sur cet étrange calme qui règne avant la grande bataille.

Mais notre homme n’en a que faire. Il porte à bout de bras un cahier à petits carreaux, comme on disait à l’école, avec des pages de lignes et de colonnes. D’autres se contentent de chasser les autographes. Lui non : ce qu’il veut, c’est une signature de chaque homme de la Postal, et sur la page du jour ! Et pas une autre. Une page, une course. C’est organisé comme ça, dans le gros cahier du supporteur.

Mais il y a, hélas pour lui ! des jours où l’on a moins envie que d’autres de signer le récépissé, chez les hommes de la Postal. Lance Armstrong ne viendra pas, ni George Hincapie, ni les autres. « Heureusement, Lance, je l’ai eu au Tour de la Sarthe », quand il était plus accessible, dira le spectateur. Voilà ce que l’on dit, ce que l’on dit de Lance, en ce bon pays de France.

QUE DIT-ON de Lance, en ce bon pays de France ? On dit que, « heureusement, je l’ai eu au Tour de la Sarthe ». C’est un spectateur qui le dit, en ce vendredi un peu particulier de Tour du centenaire. C’est le matin, et cette journée de juillet enveloppe dans un châle de touffeur Toulouse, ses environs et les prémices de la douzième étape du Tour. On ne rêve que de suspendre son pas, de s’arrêter dans un bar à vin sous la protection des grands arbres, mais l’on poursuit malgré tout sa marche vers l’autocar bleu et argent de Lance.

Il faut le savoir : on ne voit jamais autant les employés de la poste américaine et des sols de Belgique – curieux métier que celui du cosponsor de l’US Postal, la société Berry Floor – que les jours de course contre la montre. L’autocar s’installe à quelques coups de pédale de la ligne de départ et, tant que tous les hommes de la Postal ne se sont pas extraits du portillon de départ pour s’en aller exercer leur noble art, il reste là, l’autocar, flancs largement ouverts aux regards curieux des spectateurs.

On ne sait pas encore que, sous peu, Lance Armstrong va se voir infliger une belle correction de la part d’un rescapé. Mais c’est lui que l’on guette, forcément, comme chaque jour ou presque, au pied du beau car bleu et argent.

Le soleil se fait encore un peu plus pressant. Pour que les hommes de la Postal ne souffrent pas trop, on a sorti un immense ventilateur, comme on les imagine sur les plateaux de cinéma. Un léger trait d’eau vient se jeter sur les grandes pales qui sectionnent les rais du soleil. Jeu d’ombre et de lumière sur cet étrange calme qui règne avant la grande bataille.

Mais notre homme n’en a que faire. Il porte à bout de bras un cahier à petits carreaux, comme on disait à l’école, avec des pages de lignes et de colonnes. D’autres se contentent de chasser les autographes. Lui non : ce qu’il veut, c’est une signature de chaque homme de la Postal, et sur la page du jour ! Et pas une autre. Une page, une course. C’est organisé comme ça, dans le gros cahier du supporteur.

Mais il y a, hélas pour lui ! des jours où l’on a moins envie que d’autres de signer le récépissé, chez les hommes de la Postal. Lance Armstrong ne viendra pas, ni George Hincapie, ni les autres. « Heureusement, Lance, je l’ai eu au Tour de la Sarthe », quand il était plus accessible, dira le spectateur. Voilà ce que l’on dit, ce que l’on dit de Lance, en ce bon pays de France. (Publié dans Le Monde du 21 juillet 2003)

Olivier Zilbertin


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