Petites chroniques du Tour (11) – « Maintenant, Lance regarde les photographes »

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lance11QUE DIT-ON de Lance, en ce bon pays de France ? On dit qu’ « il a l’air nettement plus serein que les années précédentes ». « Je le vois sur son visage et dans ses yeux » : c’est Beth Schneider qui le dit. Beth Schneider est américaine, et photographe indépendante. Elle n’en est pas à son premier Tour, Beth. A 52 ans, elle bouclera, dimanche 27 juillet, sur les Champs-Elysées, sa 14e Grande Boucle.

C’est dire qu’elle en a pris, des clichés de coureurs, qu’elle en a visé, des instants de gloire ou de détresse, qu’elle en a fixé, des instantanés de visages radieux ou de masques d’infortune et de souffrance. On ne la trompe pas, Beth, puisqu’elle lit dans les regards des coureurs. Lance Armstrong, elle l’a photographié pour la première fois en 1991.

Elle ne sait plus bien sûr quelle course, en vérité. Ce n’était pas sur le Tour, que le futur vainqueur ne découvrirait que deux ans plus tard. Mais elle se souvient que l’Américain avait tout juste vingt ans, et que quelqu’un lui avait suggéré de tirer son portrait, car celui-là, c’était sûr, allait faire une jolie carrière.

Elle est drôle, Beth. Elle est toute petite, et sa voix est haut perchée. Du coup, pour se frayer un chemin, le matin, aux abords du bus de Lance, et faire quelques clichés de l’idole, elle doit jouer des coudes. Et donner de cette voix haut perchée. On ne la voit pas tout de suite, mais on l’entend qui se faufile parmi la nuée de photographes en répétant en français, avec cet inimitable accent : « Pa’don, pa’don, pa’don, je suis tout’petit’. » En un instant, elle se retrouve propulsée au premier rang.

Jeudi 17 juillet, au départ de la 11e étape Narbonne-Toulouse, elle a cependant dérogé à ses habitudes. Elle n’a pas osé bousculer l’impressionnant visiteur de Lance, Arnold Schwarzenegger, en tournée de promotion pour Terminator 3. Sortie en France prévue le 6 août, une dizaine de jours après celle d ‘Armstrong 5.

Non, ce jour-là, Beth n’a pas osé se frayer son chemin habituel. Elle a préféré se rendre à la séance de signature du départ, protocole obligé organisé en préambule de chaque étape. « Maintenant, dit-elle, Lance regarde les photographes. Avant, il détournait systématiquement les yeux, et on ne pouvait jamais fixer son regard. »

C’est un signe qui ne trompe pas. Voilà ce que l’on dit, ce que l’on dit de Lance en ce bon pays de France. (Publié dans Le Monde du 19 juillet 2003)

Olivier Zilbertin


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