Mediapart (et les autres) et l’information à la carte….

No Comment 14 Views

mediapart4.JPG

Une petit réflexion nocturne sur l’information en ligne, qui me trotte dans l’esprit depuis un moment, mais qui s’est encore vérifiée ce soir. Je ne suis pas – pas encore – abonné à Médiapart, mais j’y vais régulièrement lire les titres -faute de mieux – qui sont proposés en Une. L’évolution de ce nouveau média m’intéresse évidemment, et je suis très curieux de voir quelle tournure cela va prendre. Bref, j’y vais pratiquement une fois par jour… Quitte à être frustré, car je sais que même si la vitrine est alléchante, je ne pourrai pas rentrer dans le magasin.

Sauf que finalement, pas tant que ça. Depuis le lancement du site, et sauf omission, il n’y a jamais qu’une poignée d’articles dont les courts chapeaux m’ont fait regretter de ne pas pouvoir aller plus loin, de ne pas pouvoir en lire plus. Quatre en tout et pour tout. Ce n’est finalement peut-être pas si mal, alors que le site n’a quoi? que six grosses semaines à peine d’existence, que je ne suis peut-être pas dans le cœur de cible, etc, etc… Si j’étais épicier, je pourrais dire que cela me fait quand même du 4,5 € l’article….

De l’info gratuite plus chère qu’en kiosque

Du coup, par association d’idées comme on dirait dans « Un éléphant ça trompe énormément », cela m’a renvoyé à la notion du prix de l’information. Cela m’a remis en tête les interminables débats sur l’information gratuite que nous pouvions prolonger jusqu’à pas d’heure sur jliste (une liste de discussion de journalistes), alors que 20 minutes et consorts n’existaient pas encore. On parlait déjà d’information gratuite mais en réalité elle ne l’était pas du tout! Entre l’abonnement au fournisseur d’accès, et la communication téléphonique, elle ne rapportait effectivement rien à l’éditeur, mais elle coûtait beaucoup au lecteur! Plus cher qu’en kiosque souvent, l’info gratuite!

A la carte ou au menu?

Mais surtout, ce rapide passage sur Médiapart ce soir (mais ce n’est évidemment pas le seul titre dans ce cas), m’a ramené à l’esprit cette idée: un des avantages de la presse sur Internet, est pour le lecteur de pouvoir y piocher ici une info, et ici une autre. De se faire en quelque sorte une information à la carte, à sa mesure, à son goût, à son humeur du jour ou du moment. Un peu de Monde là, un peu de Libé ici, plus du Backchich , de la Rue89, et un peu d’esprit d’Equipe sur le tout. Une tranche de blog pas forcément très fiable pour se distraire, entre deux bonnes grosses tranches de rapports en « PDF » sur les sites extrêmement rigoureux d’organisations internationales. Une vidéo amateur, un bout de radio en direct, une pincée d’une vieille émission oubliée, un « 20 heures » pas vu à 20 heures pour raisons familiales, vu plus tard -enfants couchés et doigts qui cherchent à se faire plus légers sur le clavier pour ne réveiller personne comme… maintenant tiens – ou vu le lendemain…

Internet, quoi! Une certaine forme de liberté quand même.
Médiapart, ou d’autres qui ne proposent qu’une formule sur abonnement, ont à mon avis un gros handicap: ils n’ont donc pas compris Internet, et l’information à la carte que le réseau permet. Cela ne signifie pas nécessairement que cette information doit y être gratuite: mais on doit pouvoir ne payer que ce que l’on consomme, comme ailleurs. Acheter un journal, cela revient finalement à acheter par avance un certain nombre d’articles y compris ceux que l’on ne lira pas, qui ne nous intéressent pas. Je ne me suis pas abonné à Médiapart, car je ne veux pas débourser les 9 € par mois pour y lire un article de temps en temps… Mais résultat, Médiapart n’a pas encaissé non plus les quelques dizaines de centimes d’euros que j’étais prêt à lâcher pour consulter les quatre articles en question. Si je suis le seul dans ce cas, après tout, ce n’est pas très grave. Sinon…

L’information comme la musique

Car si l’on y regarde de plus près, c’est aussi cela qui a bouleversé l’univers de la musique. Avec le réseau des réseaux on peut certes dupliquer à l’identique, échanger avec la planète entière, etc, etc, bref tout ce que l’on a déjà dit sur le sujet. Mais quel est le premier avantage qu’ont vu les pionniers du réseau? La possibilité de se concocter des albums sur mesure, de ne pas forcément acheter les 13 titres du dernier album de Cabrel mais seulement les 8 qui nous plaisent. Et encore je prends pour exemple Cabrel, mais ce n’est pas très juste car ce n’est certainement pas lui qui produit le plus de déchets. Mais qu’importe d’ailleurs: je peux acheter simplement de la musique à mon goût, deux titres ici, et trois là, sans que l’on m’oblige à consommer tous les volumes quand je ne veux que deux chapitres. Comme on le comprend, cela change toute la base économique de cet univers. Avant, on pouvait vendre tout un album, en faisant la promotion d’un ou deux titres seulement. Et accessoirement, on pouvait donc se concentrer sur deux titres surtout – ou seulement – sachant que de toute manière le consommateur n’avait d’autre possibilité que de tout acheter. C’est l’incapacité de l’industrie du disque et de la musique de s’adapter à cette nouvelle donne d’information à la carte qui lui cause le plus grand tort. La presse écrite connaîtra-t-elle le même sort?


About the author

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked (required)

Archives
Catégories
Mon facebook
Score social
Tags
Mon premier rôle
Publicité

Téléchargez cettes vidéos avec
ce video downloader
Mon hymne (tenir….)
Mon guide
51VESPSH6DL._