Il faudra payer les notes sur Internet

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Format de compression numérique musical, le MP3, qu’on croyait inoffensif parce que réservé à un petit nombre, provoque l’enthousiasme des internautes entraînés. L’Europe légifère, et l’édition prépare sa riposte.«MP3» est le troisième mot-clé le plus recherché sur Yahoo ! et le deuxième sur Lycos. Le Web, pourtant, est loin d’être devenu l’auditorium géant qu’on imagine. C’est la faute à la technique Téléchargement et vente en ligne : les nouvelles formes de diffusion vont obliger éditeurs et distributeurs à repenser leur métier

FRAISSARD GUILLAUME, ZILBERTIN OLIVIER

CONCERT d’annonces. C’est d’abord IBM qui s’associe avec Universal, Sony, Warner, EMI et BMG. Une union pour tester, dès le printemps à San Diego, Californie, un service baptisé « projet Madison ». Le but : permettre aux consommateurs d’acheter et de télécharger en toute sécurité des oeuvres musicales sur Internet. L’expérience devrait durer six mois auprès des foyers câblés de la ville.

Ce sont aussi, à Strasbourg et Bruxelles, les artistes qui se mobilisent pour faire valoir leurs droits à une juste rémunération lors de l’utilisation de leurs compositions sur Internet. Et sont entendus : le 10 février, le Parlement européen a adopté un projet de directive visant à étendre aux nouvelles technologies la législation existante sur les droits d’auteur et droits voisins. Ce texte n’attend plus que son passage devant le Conseil des ministres de l’Europe.

C’est encore l’entreprise de capital-risque Sequoia Capital qui dépose 10 millions de dollars (58 millions de francs, 8,9 millions d’euros) dans la corbeille de MP3.com, un site musical américain.

Les grandes manoeuvres ont bel et bien commencé sur le front de l’Internet musical. Il faut dire que, des artistes aux producteurs, en passant par les éditeurs et les distributeurs, nul acteur de la filière ne peut plus feindre d’ignorer les bouleversements engendrés par la diffusion de fichiers audio en ligne : de la musique de qualité CD circule rapidement sur le Web et peut se reproduire facilement à des milliers d’exemplaires partout dans le monde et à moindre coût ! Voilà, en substance, ce qui se cache réellement derrière le sigle MP3.

De quoi donner quelques sueurs froides à l’industrie du disque. Pour l’heure, la réalité de la diffusion musicale sur le Net s’avère moins importante et moins facile qu’on ne le laisse parfois entendre. Un rapport de Jupiter Communication estime que, en 2002, à peine 1 % des ventes mondiales de musique se fera par téléchargement de fichiers numériques. De nouvelles lois et de nouveaux règlements suffiront-ils à contrôler une activité sur un média qui n’est pas facile à maîtriser par nature ? Avant même que la technologie MP3 ne se répande, un disque sur trois vendu dans le monde était un disque pirate, et le manque à gagner, pour l’industrie musicale, se montait, en 1998, à plus de 30 milliards de francs (4,5 milliards d’euros). Qu’en sera-t-il demain, quand, par exemple, il faudra moins de quarante secondes pour récupérer trois minutes de musique de bonne qualité sur le disque dur d’un micro-ordinateur, c’est-à-dire quinze fois plus vite qu’actuellement (chiffres avancés par Liquid Audio, qui commercialise des fichiers musicaux sécurisés sur Internet) ?

Autant de dangers potentiels qui n’empêche cependant pas Thierry Hidoux, directeur du disque à la Fnac, de croire avec d’autres à ce mode de diffusion : « Quand Canal Plus est arrivé, tout le monde disait que cela allait tuer le cinéma. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’en est rien. Je pense donc que, dans le domaine de la musique et d’Internet, les choses vont s’autoréguler, comme ce fut le cas pour le cinéma. » En attendant, les maisons de disques vont suivre avec beaucoup d’intérêt l’expérience Madison, qui devrait aboutir à une norme de fichiers non duplicables. Chez Sony Music Entertainment, à New York, on estime qu’ « il faudra attendre la fin de cette expérimentation pour dessiner les futurs modèles économiques de la distribution numérique. Et, surtout, pour imaginer un nouveau mode de relation entre les clients et la musique. Une relation dans laquelle le support pourrait céder sa place à l’immatériel et dans laquelle, artistes, producteurs, éditeurs et distributeurs devr[aient] trouver leur compte ».


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