Fleurettiste d’exception, Brice Guyart vise plus haut que sa médaille de bronze mondiale

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(Article publié dans Le Monde daté du vendredi 10 octobre 2003)
A 22 ans, il apporte à la France son 4e podium individuel

LA HAVANE (Cuba)
Envoyé spécial,

Brice Guyart est peut-être un jeune homme heureux, mais pas encore un fleurettiste comblé. Mercredi 8 octobre, à La Havane, l’escrimeur a apporté à la France sa quatrième médaille des 49es championnats du monde. Une médaille de bronze. A 22 ans, bien des bretteurs s’en contenteraient. Mais lui vise plus haut.

« D’ailleurs, précise Philippe Conscience, ancien international, aujourd’hui capitaine de l’équipe de France, contrairement aux apparences, Brice Guyart n’est pas un jeune escrimeur. C’est un fleurettiste d’expérience. » Le Parisien, formé au Vésinet (Yvelines) et désormais licencié au Paris Université Club, a déjà un certain vécu sous le plastron bleu de l’équipe de France.

Il n’avait pas 20 ans que la formation tricolore l’enrôlait sous sa cuirasse. Il faut dire que Brice Guyart est un escrimeur comme on n’en trouve pas tous les jours. A l’étonnante variété de sa palette technique, il allie une rare générosité physique, une manière sans nuance de s’engager dans le combat. « De fait, précise le médaillé de bronze, je termine souvent mes assauts sur les rotules. »

Le résultat est spectaculaire. Les premiers pas de Brice Guyart furent dorés, de cet or dont on fait les médailles olympiques. A Sydney, en 2000, le voici sur la plus haute marche du podium par équipes. L’année suivante, aux championnats du monde de Nîmes, l’équipe de France écarte de nouveau l’ensemble de ses adversaires. Dans l’épreuve individuelle, Brice Guyart remporte – déjà – la médaille de bronze. Il n’est plus seulement un équipier modèle : il commence à s’affirmer comme un soliste redoutable.

Les plus belles conquêtes lui sont alors promises. Sauf que voilà : la suite de son parcours va être marquée par des blessures à répétition. Blessure à une cuisse pour commencer et, plus grave, à un tendon du poignet ensuite, lors d’un choc en corps à corps.

On est en mars 2002, la blessure n’est pas bien soignée. A Lisbonne, aux championnats du monde, il tire la main armée enveloppée dans un bandage. Il n’en remporte pas moins la médaille d’argent par équipes. Mais, en octobre de la même année, après des semaines de souffrance, Bruce Guyart doit se faire opérer du poignet.

« J’AI ENVIE DE GAGNER »

Commence alors une lente et pénible rééducation. Avec l’envie, chez l’escrimeur, de pouvoir rapidement croiser le fer et en découdre. Avec le devoir, toujours, pour l’entraîneur de le réfréner dans ses élans, de ne pas brusquer les choses afin de ne pas compromettre l’avenir. « On lui a expliqué qu’il avait le temps pour revenir. Mais il est parti de loin », confie Patrice Menon, l’entraîneur national. Il ne reviendra qu’au début de l’année 2003, sans repère.

Vu sous cet angle, la médaille de bronze de La Havane est donc plus qu’une consolation pour le Français. Mais, rapport à son talent, il piaffe d’impatience de monter encore plus haut. « J’ai envie de gagner un championnat du monde, aime-t-il à répéter. C’est pour cela que je me fais mal à l’entraînement. »

Depuis mercredi, Bruce Guyart connaît les noms et les visages de ceux qui se dresseront sur son chemin ces prochaines années. C’est en effet une nouvelle génération de fleurettistes qui a pris le pouvoir au cours de ces championnats du monde de Cuba. En demi-finales, on retrouvait ainsi, outre le Français, les Italiens Andrea Cassara, 19 ans, et Simone Vanni, 23 ans, et le futur vainqueur, l’Allemand Peter Joppich, 20 ans. Ce dernier, en s’imposant de justesse en finale face à Simone Vanni (15-14), a mis fin à dix ans d’insuccès du fleuret allemand, qui attendait cela depuis la victoire d’Alexander Koch en 1993.

Avant que débutent les épreuves par équipes, jeudi, tous les titres individuels ont été attribués. Tous ont changé de main. L’Italien Simone Vanni et la sabreuse chinoise Xue Tan, battue mercredi en finale par la Roumaine Dorina Mihai, ont été les plus proches de conserver les titres acquis en 2002.


In : Escrime, Sports

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