Facebook, un tremplin pour la gloire?

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Que ce soit dans la musique, le cinéma, la mode ou la littérature, les sites communautaires ont bouleversé l’univers de la création.

 

Olivier Zilbertin

On ne pourrait pas les citer tous. Combien sont-ils exactement à avoir percé dans l’univers de l’art et du spectacle grâce aux réseaux sociaux ? Impossible à dire. Sans les sites communautaires, les chemins de Kamini, le rappeur de Marly-Gomont, du tandem de « La Chanson du dimanche », de Rémy Gaillard, de Koxie et de tant d’autres auraient-ils croisé le succès ? Pas sûr.
C’est un fait en tout cas : Internet et les réseaux sociaux ont bouleversé l’univers de la création. Que ce soit dans la musique, le cinéma, la vidéo, la mode, la littérature. Et même la photographie. C’est ainsi, par exemple, qu’Eric Lafforgue, ancien directeur général adjoint d’une société de téléphonie mobile, s’est reconverti dans la photo. Ses clichés, postés sur Flickr, ont été remarqués. Devenu professionnel, il publie dans les plus grands magazines du monde.

Ce n’est sûrement pas un hasard si, comme le rappelle Jean-Paul Fourmentraux, maître de conférences à l’Université de Lille-III, chercheur et auteur d’Art et Internet. Les nouvelles figures de la création (CNRS Editions, 2005), « les artistes peuvent être considérés comme des usagers pionniers d’Internet au moment où ce média se démocratise et où il rencontre le grand public, en 1994-1995 ».

C’est évidemment cette rencontre avec le grand public, facilitée, amplifiée par le réseau, qui est la clé de voute de l’édifice. Elle soutient la relation très particulière que nouent les artistes avec le réseau. Mais il n’y a pas qu’elle. Grâce aux outils du numérique, les artistes peuvent d’abord créer à moindre coût. Plus besoin d’équipe nombreuse, de matériel onéreux, de marketing dispendieux. Chacun dans son coin peut réaliser son film, tourner sa vidéo, enregistrer sa chanson ou son album sans dépenser le moindre sou ou presque. Réalisé avec 0 dollar de budget For Lovers Only, film des frères Mark et Michael Polish, a battu tous les records de vente en VOD.
Idem pour faire connaître son travail : c’est facile, ce n’est pas cher, et cela peut toucher potentiellement un très grand nombre de gens. Plus besoin de passer par un label ou une maison de production. Et, en plus, c’est à la portée de tous.
Les sites comme YouTube et Dailymotion ou encore Myspace, aujourd’hui moribond (lire ci-contre), ont beaucoup contribué à l’installation des artistes et créateurs sur le Net. Ce sont les plus connus. Mais les plates-formes proposant des outils simples et gratuits aux artistes pour mettre en ligne leurs travaux ont fait -florès sur la Toile. En 2007, on en dénombrait ainsi une quarantaine en France. A l’époque, au plus fort de son succès, Myspace recensait 200 millions d’utilisateurs et plus de 9 millions d’artistes inscrits.

« Internet a considérablement augmenté la vitesse à laquelle les contenus se propagent, note Roberto Ciurleo, patron fondateur de Goom, radio numérique que l’on n’écoute que sur le Net. Les réseaux sociaux ont encore accéléré le processus. » Du coup, YouTube est devenue, par exemple, aux Etats-Unis la première chaîne musicale. La télévision traditionnelle ne diffuse plus de musique ni de clips. Même MTV a fini par y renoncer. « Sur YouTube, on ne peut que constater une concentration des références, souligne le patron de Goom. On continue de tous regarder la même chose. »


Car si les réseaux sociaux permettent « aux artistes de construire les signes extérieurs d’une notoriété en ligne, écrit Jean-Samuel Beuscart, sociologue et économiste, dans un -article de la revue Réseaux de juin 2008 (« Sociabilité en ligne, notoriété virtuelle et carrière artistiques, les usages de My-space par les musiciens autoproduits ») reste à savoir dans quelle mesure celle-ci se traduit par la constitution d’un public réel. Autrement dit, à quel taux le capital de notoriété en ligne (matérialisé par un nombre d’écoutes et d’amis) peut-il être converti en bénéfices artistiques réels : croissance du public des concerts, opportunité de carrières, augmentation de ventes de CD ou de fichiers, progression vers le coeur de l’industrie ? ».
Se faire connaître est une chose. Vivre de son art en est en effet une autre. « Les réseaux sociaux, estime encore Roberto Ciurleo, c’est bien pour démarrer, pour exister. » Une fois sorti de l’anonymat, le parcours redevient celui, semé d’embuches, du monde réel avec labels, producteurs et maisons de disque. « Sauf qu’au-jourd’hui, le lien entre l’artiste et son public est une donnée qui a complètement -explosé », reprend Roberto Ciurleo.
Si bien que la première chose que font désormais les maisons de disque pour promouvoir un artiste, c’est bel et bien de leur ouvrir une page « fan » sur Facebook. « C’est la priorité des priorités », confirme le créateur de Goom Radio. Résultat : le réseau social permet également de redonner toute sa légitimité à la maison de disques, appelée à gérer les pages Facebook des artistes les plus demandés, les plus occupés.

Cette relation entre les artistes et leurs fans peut aussi se révéler à double tranchant, comme l’expliquait le rappeur Sefyu à Télérama en avril 2009 : « Notre public est connecté à Internet en permanence : il allume l’ordinateur par réflexe et il lui faut de la nouveauté. Cela semblait normal, avant, de découvrir le nouveau -disque d’un artiste tous les deux ans, mais la demande aujourd’hui est constante et elle vient de partout. »

Impossible en tout cas aujourd’hui pour une radio de faire l’impasse sur les réseaux sociaux. C’est là que s’y dénichent sinon les artistes, du moins les tendances de demain. Chez Goom, l’équipe dispose ainsi d’un logiciel très spécial : il donne l’alerte dès qu’une vidéo musicale fait plus de 3 000 vues en moins de 48 heures sur Facebook.

 

 


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