A lire après téléportation sur OWNI: pourquoi le MP3 est devenu anachronique.

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J’ai téléporté une contribution sur OWNI ce week-end, que l’on peut lire ici. Comme son titre l’indique, j’y explique pourquoi il me semble que le MP3 est devenu anachronique, et pourquoi de cet anachronisme découle toute la difficulté de l’industrie du disque et plus généralement de l’édition à trouver un modèle économique.

Vous pouvez également lire ce texte ci-dessous:

En fouillant dans mes archives, je suis tombé sur quelques « pépites ». Des articles « techno » vieux de plus de dix ans, qui se penchaient sur la situation de la musique et de l’industrie du disque face à l’arrivée du MP3. Si jamais je devais me moquer dans les lignes qui suivent de quelques prédictions et réflexions aujourd’hui dépassées, je ne pourrais le faire que gentiment puisqu’il se trouve que j’en suis l’auteur. Pour l’un d’entre eux, j’en suis précisément le co-auteur avec Guillaume Fraissard, qui m’a autorisé à le reproduire ici et sur mon blog (www.blogOZ.fr). A l’époque, nous travaillions tous les deux pour le Monde Interactif, le supplément hebdomadaire du Monde consacré aux nouvelles technologies, en particulier celles de l’information et de la communication (NTIC). Un bon poste d’observation de toutes les transformations de la société liées à ces NTIC.

En février 1999, donc, nous avions consacré un dossier de « Une » à la musique en ligne. Son titre : « Il faudra payer les notes sur Internet ». On peut lire ici l’article de synthèse. « Les grandes manœuvres ont bel et bien commencé sur le front de l’Internet musical, écrivions nous. Il faut dire que, des artistes aux producteurs, en passant par les éditeurs et les distributeurs, nul acteur de la filière ne peut plus feindre d’ignorer les bouleversements engendrés par la diffusion de fichiers audio en ligne : de la musique de qualité CD circule rapidement sur le Web et peut se reproduire facilement à des milliers d’exemplaires partout dans le monde et à moindre coût ! Voilà, en substance, ce qui se cache réellement derrière le sigle MP3. ». Ou encore : « Téléchargement et vente en ligne : les nouvelles formes de diffusion vont obliger éditeurs et distributeurs à repenser leur métier ». Visionnaires, non ? J

Le MP3 était pourtant loin d’être déjà devenu un standard. Au contraire. J’expliquais dans cet autre article « la technique reste la meilleure défense du disque », que se procurer un fichier à ce format relevait de l’exploit pour qui du moins n’était pas rompu aux langages ésotériques de l’informatique et des réseaux. Pour preuve, j’avais écrit : « QUESTION sur un forum de discussion : « Quelqu’un pourrait-il m’indiquer où trouver des fichiers MP3 ? » Réponse d’un anonyme : « Commence par chercher sur irc sur des channels comme #mp3 #mp3files #mpeg3files #mp3direct sur le serveur efnet puis tu trouvera [sic] des tounes que tu pourrais télécharger directement à l’aide de commande ou bien juste te trouver des sites ftp avec les annonces que d’autres utilisateurs diffusent sur les channels la commande pour te faire venir des tounes est : /ctcp (nick) xdcc send #1 ou 2… » .

Bref, si «MP3 » était à l’époque le troisième mot-clef le plus recherché sur Yahoo, la musique en ligne était encore loin d’être accessible à tous et le net loin d’être devenu l’auditorium géant et gratuit que l’on décrivait parfois. Quelques mois plus tôt seulement venait juste d’arriver sur le marché le premier lecteur de MP3 portable, le RIO, et l’Ipod n’existait pas encore. Il fallait théoriquement 9 minutes de téléchargement au mieux pour en récupérer une de musique, avec un modem 28.8, le plus répandu à l’époque. Débits riquiqui, disques durs étriqués, coût élevés du stockage : le MP3 a été inventé pour répondre à ces lourdes contraintes techniques. En échange de quoi, il faut se contenter d’une musique sensiblement dégradée.

Les temps ont bien changé. Si de nombreuses problématiques d’hier restent d’actualité, on peut néanmoins se demander quelle est encore aujourd’hui la raison d’être de ce format. Le haut débit s’est généralisé, et télécharger des albums entiers ne prend plus que quelques instants. Les ordinateurs premiers prix disposent par ailleurs de disques durs de plusieurs centaines de gigas, tout comme les supports de stockages externes bon marché. Au-delà de cette interrogation purement technique, ce sont évidemment d’autres enjeux du net qui se nouent : si l’on veut que l’internaute paie sa musique, ou pour généraliser plus encore, si l’on veut tout simplement que l’internaute paie, encore faut il ne pas oublier qu’il est désormais en droit de réclamer un produit de bien meilleure qualité. Yves Riesel, le patron du site de musique en ligne Qobuz (www.qobuz.com), l’écrivait récemment dans une chronique publiée dans « Le Monde Télévisions »: « La filière (de la musique, NDLR) elle-même devra se secouer et penser aux usages et aux usagers. Les labels devront achever de comprendre le nouveau vocabulaire Internet, ses contraintes et ses avantages. La qualité offerte au consommateur doit progresser vigoureusement : elle est pour l’heure assez rudimentaire. (…) Achetez un album sur une plate-forme légale. Pour 65,70 vieux francs, vous recevrez souvent un fichier compressé à 256 Kbit/s, un visuel recto mangé par des mites, aucune information sur les auteurs et compositeurs des chansons ou des œuvres ». On ne saurait mieux dire. La réflexion vaut pour d’autres secteurs. Plus la technique progresse, plus la tolérance de l’internaute à la médiocrité recule. C’est aujourd’hui l’ensemble des acteurs de l’internet, et en particulier ceux de l’information, qui doivent méditer cette maxime.

Olivier Zilbertin.


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